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samedi 20 août 2011

[Ciné] La piel que habito


Roberto est un brillant chirurgien esthétique dont la femme a péri dans un accident de voiture, brûlée vive. À jamais bouleversé par cette perte, Roberto décide de mettre au point la fabrication d'une nouvelle peau, dure et résistante à presque tout. Pour ce faire, c'est simple : il faut un complice, et un cobaye. La complice n'est autre que Marilla, la nourrice familiale qui a pratiquement élevé Roberto durant toute sa vie. Celle-ci vient s'installer dans le cabinet, désormais vide, du médecin et est prête à tout pour le protéger. Quant au cobaye...

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J'aurais pu trouver ce film excellent. Les acteurs sont talentueux, les scènes sont intelligemment filmées, la musique est appropriée, l'histoire est intéressante. Seulement voilà, j'aurais aimé voir mentionné qu'il s'agissait d'une adaptation du roman Mygale, de Thierry Jonquet. Ou plutôt, j'aurais aimé ne pas avoir déjà vu une adaptation de ce même roman un an auparavant, version nanar américain mais hautement glauque, malsain et violent. À la hauteur du roman, manifestement, même si je ne l'ai pas (encore) lu.

Problème de la version Almodóvar (qui sera malgré tout accueillie avec une salve d'applaudissements par le grand public) : le côté édulcoré, quasi bisounours, de cette histoire forte mais supposée impliquer une ambiance malsaine du début à la fin. Ici, on met l'accent sur une certaine esthétique, on se perd dans un brouhaha scientifique qui ne sert que de prétexte pour en venir au noeud de l'histoire, on veut que les acteurs aient une certaine grâce, et on contraste la perfection du corps de la femme avec d'autres scènes relativement grotesques qui n'ont rien à faire là, si ce n'est pour faire sourire la mémé de 60 ans assise deux rangées plus loin.

De plus, la thématique du Syndrome de Stockholm qui est un sujet qui me passionne dans les films en général, n'est pratiquement pas exploitée ici, pour mon plus grand désarroi. La psychologie des personnages est effleurée du bout des doigts lorsqu'il pourrait y avoir matière à creuser; preuve encore que le réalisateur a voulu rester dans une certaine superficialité.

Quant à la dimension sexuelle du film, je l'ai trouvée dérangeante. Grotesque ou retenue, mais jamais vraiment adéquate à la thématique. Le sexe aurait dû être cru, dérangeant, sale. Le trop politiquement correct de cette adaptation ou la dérision des scènes qui s'en éloignaient m'ont malheureusement coupée dans mon élan. Inutile aussi de dire qu'au bout de 30 minutes de film j'avais déjà compris la fin étant donné que je me suis rapidement souvenue de l'autre film et de l'ambiance qui y régnait. Pas de grande surprise, hélas, malgré mes attentes et cette bande-annonce aguicheuse. Une pointe de déception teintée d'un léger regret : à force de voir toutes les conneries disponibles dans le domaine cinématographique, plus rien ne parvient à me surprendre. Et j'en attendais plus de la part d'Almodóvar.
Notons, malgré tout, que pour quelqu'un n'ayant jamais entendu parler de cette histoire ni vu une quelconque adaptation de la chose, La piel que habito marquera considérablement et de manière, à mon avis, plus que positive : tant mieux, autant en avoir pour son argent !

En résumé pour ma part : une affreuse sensation de trop peu, malgré le cocktail visuellement sympathique (surtout la ravissante Elena Anaya).


6/10

2 commentaires:

Naïra a dit…

Enfin vu et j'avoue que je n'ai pas vu l'adaptation ni lu le livre donc je n'ai pas été aussi choquée que toi. Par contre il est bien précisé que c'est une adaptation d'un bouquin tout à la fin :)

Cath a dit…

Ah ! Pas vu, suis vite sortie :P